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La dame de Monte Carlo (1961) FP 180

La dame de Monte Carlo

Quand on est morte entre les mortes,
qu’on se traîne chez les vivants
lorsque tout vous flanque à la porte
et la ferme d’un coup de vent,
ne plus être jeune et aimée…
derrière une porte fermée,
il reste de se fiche à l’eau
ou d’acheter un rigolo.
Oui, messieurs, voilà ce qui reste
pour les lâches et les salauds.
Mais si la frousse de ce geste
s’attache à vous comme un grelot,
si l’on craint de s’ouvrir les veines,
on peut toujours risquer la veine
d’un voyage à Monte-Carlo .
Monte-Carlo! Monte-Carlo!
J’ai fini ma journée.
Je veux dormir au fond de l’eau
de la Mediterranée.
Monte-Carlo! Monte-Carlo!
Après avoir vendu à votre âme
et mis en gage des bijoux
que jamais plus on ne réclame,
la roulette est un beau joujou.
C’est joli de dire: “je joue”.
Cela vous met le feu aux joues
et cela vous allume l’œil.
Sous les jolis voiles de deuil
on porte un joli nom de veuve.
Un titre donne de l’orgueil!
Et folie, et prête, et toute neuve,
on prend sa carte au casino.
Voyez mes plumes et mes voiles,
contemplez les strass de l’étoile
qui mène à Monte-Carlo.
La chance est femme. Elle est jalouse
de ces veuvages solennels.
Sans doute ell’ m’a cru l’épouse
d’un véritable colonel.
J’ai gagné, gagné sur le douze.
Et puis les robes se decousent,
la fourrure perd des cheveux.
On a beau répéter: “Je veux”,
dès que la chance vous déteste,
dès que votre cœur est nerveux,
vous ne pouvez plus faire un geste,
pousser un sou sur le tableau
sans que la chance qui s’écarte
change les chiffres et les cartes
des tables de Monte-Carlo.
Les voyous, le buses, les gales!
Ils m’ont mise dehors… dehors…
et ils m’accusent d’être sale,
de porter malheur dans leurs salles,
dans leurs sales salles en stuc.
Moi qui aurais donné mon truc
à l’œil, au prince, à la princesse,
au Duc de Westminster, au Duc,
parfaitement. Faut que ça cesse,
qu’ils me criaient, votre boulot!
Votre boulot?...
Ma découverte.
J’en priverai les tables vertes.
C’est bien fait pour Monte-Carlo, Monte-Carlo.
Et maintenant, moi qui vous parle,
je n’avouerai pas les kilos que j’ai perdus, que j’ai perdus
à Monte-Carle, Monte-Carle, ou Monte-Carlo.
Je suis une ombre de moi-même...
les martingales, les systèmes
et les croupiers qui ont le droit
de taper de loin sur vos doigts
quand on peut faucher une mise.
Et la pension où l’on doit
et toujours la même chemise
que l’angoisse trempe dans l’eau.
Ils peuvent courir. Pas si bête.
Cette nuit je pique une tête
dans la mer de Monte-Carlo, Monte-Carlo.

The lady of Monte-Carlo

When you’re dead amongst the dead,
when you’re withering in the land of the living,
when everything kicks you out
and the wind slams the door shut,
when you’re no longer young and loved …
when behind a closed door
there’s nothing left but to drown
or buy a pistol—
Yes, gentlemen, that’s what’s left
for cowards and bastards.
But if the thought of suicide
makes you tremble like a leaf,
if you baulk at slashing your veins,
you can always take the gamble
of a trip to Monte Carlo.
Monte Carlo! Monte Carlo!
I’ve done with life.
I want to sleep on the bed
of the Med.
Monte Carlo! Monte Carlo!
Having sold your soul,
and pawned your jewellery
once and for all,
roulette is a pretty plaything.
It’s fun to say: ‘I gamble’.
It makes your cheeks flush
and lights up your eyes.
Beneath your fine widow’s veil,
you’ve a fine widow’s name.
Such a title gives you pride!
Crazy, prepared, and wholly restored,
you take out your card at the casino.
Just look at my feathers and my veils,
behold the bejewelled star,
leading to Monte Carlo.
Luck is a woman. She’s jealous
of these solemn widows.
She no doubt took me for the wife
of a real colonel.
I won, won on the twelve.
Dresses then become unstitched,
fur loses its hair.
No matter how often you say: ‘I want’,
once fortune hates you,
once you’re highly strung,
you can no longer make a move,
push a coin on the board,
without luck beating a retreat
and changing numbers and cards
on the tables at Monte Carlo.
The scoundrels! The fools! The scabs!
They threw me out … threw me out …
They accuse me of being dirty,
of bringing misfortune to their saloons,
to their dirty stucco saloons—
I, who would have told them my trick
for free, to the Prince, the Princess,
the Duke of Westminster,
this must stop,
this has to stop, they screamed at me,
this business of yours! This business? …
My discovery—
I’ll deprive the green tables of it.
Serves Monte Carlo right. Monte Carlo.
And now, I who am talking to you,
I shan’t admit how many kilos I’ve lost
at Monte Carle, Monte Carle, or Monte Carlo.
I am a shadow of myself …
The martingales, the systems
and the croupiers who have the right
to rap your knuckles,
when you’re about to pinch the stake.
And the money you owe at your digs,
and always the same wet night-shirt
drenched with anguish.
Let them pursue me. I’m not that stupid.
Tonight I’ll hurl myself head first
into the sea at Monte Carlo, Monte Carlo.
Translation © Richard Stokes, author of A French Song Companion (Oxford, 2000)

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